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Arnaques financières : les autorités renforcent leur arsenal contre le démarchage abusif

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Faux conseillers, centres d'appels offshore, comptes « rebond » pour blanchir les fonds escroqués : les autorités finanicères détaillent l'ampleur de la menace qui pèse sur les épargnants français. Le régulateur intensifie ses actions, mais la vigilance individuelle reste la première ligne de défense.
 

Le démarchage téléphonique dans le viseur du régulateur
Le régulateur des marchés financiers a consacré une étude au démarchage téléphonique opéré depuis des pays situés hors de l'Espace économique européen. Le constat est sévère : le régulateur a relevé de « mauvaises pratiques » dans la qualité du recueil du consentement des clients, un euphémisme qui désigne des techniques de vente agressives, des informations trompeuses sur la nature des produits proposés et, dans les cas les plus graves, de véritables tentatives d'escroquerie. Le schéma classique consiste à contacter des particuliers par téléphone, en se faisant passer pour un conseiller financier légitime, afin de les inciter à investir dans des produits frauduleux ou inadaptés à leur profil.
 

Le partenariat signé en 2025 avec l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) constitue une avancée notable. Cette collaboration permet à l'ACPR de mieux surveiller les publicités diffusées par les banques et les assureurs, et de vérifier la concordance entre les promesses commerciales et la couverture réelle offerte par les contrats. Concrètement, une publicité vantant un rendement garanti sans mentionner les conditions de celui-ci, ou promettant un capital protégé sur un support en unités de compte, pourra désormais faire l'objet d'un signalement croisé entre les deux autorités.
 

Les « comptes rebond », nouvelle arme des escrocs
L'étude publiée par l'ACPR en juillet 2025 sur les « comptes rebond » met en lumière une technique de blanchiment en pleine expansion. Le principe est redoutablement simple : les fonds extorqués à des victimes d'escroqueries sont rapidement transférés vers une série de comptes bancaires intermédiaires, souvent ouverts avec de fausses identités ou par des complices recrutés en ligne, avant d'être sortis du circuit bancaire classique. La digitalisation des services financiers et l'essor des IBAN virtuels facilitent ces opérations en multipliant les couches d'intermédiation et en rendant la traçabilité plus complexe pour les enquêteurs.
 

Le rapport de l'ACPR formule des recommandations concrètes à destination des établissements financiers pour réduire ce risque : renforcement des contrôles à l'ouverture de compte, détection automatisée des schémas de flux anormaux et meilleure coopération avec Tracfin, la cellule française de renseignement financier. Pour les épargnants, plusieurs réflexes permettent de se protéger. Avant tout investissement, il est indispensable de vérifier que l'interlocuteur figure bien sur le registre des agents financiers (REGAFI) ou sur le registre de l'ORIAS pour les intermédiaires d'assurance. L'ACPR publie régulièrement des listes noires d'entités non autorisées sur son site. Et le premier signal d'alerte reste invariable : toute promesse de rendement élevé sans risque doit être considérée comme suspecte.